Réalisateur reconnu, documentariste, producteur, enseignant… Félix St‑Jacques incarne parfaitement un modèle inspirant du Centre de services scolaire des Mille‑Îles (CSSMI). Depuis plus de 20 ans, il signe des projets marquants en fiction (Dans ma tête, Le retour), en documentaire (Un zoo pas comme les autres, Skate le monde, L’hôpital des ados, Bergie) et en magazines télévisés (Sucré salé, Ça vaut le coût, La soirée est (encore) jeune).
Derrière une carrière riche et foisonnante dans le milieu culturel se cache un parcours profondément enraciné dans nos écoles — un lien qui, encore aujourd’hui, continue de nourrir son engagement auprès des jeunes.
Les racines CSSMI
Ancien élève des écoles Notre-Dame, Jacques‑Labrie, école secondaire d’Oka et de la Polyvalente Deux‑Montagnes (PDM), Félix garde des souvenirs marquants de ses années scolaires. Sport et arts ont toujours occupé une place centrale dans son quotidien, une dualité qu’il considère aujourd’hui comme fondatrice. « Je savais surtout ce que je ne voulais pas faire : des maths et des sciences. Je voulais du sport ou des arts », confie‑t‑il.
À la PDM, il découvre notamment le théâtre — sans se douter alors que cette porte ouverte sur la création allait influencer la suite de son parcours. Il fait aussi partie de l’équipe de football, les Centurions de la PDM, une expérience marquante où il apprend l’importance du travail d’équipe et de la discipline. Ces expériences, à la fois artistiques et sportives, illustrent pour lui toute la valeur des activités parascolaires et des occasions offertes aux élèves d’explorer leurs intérêts : « Quand l’offre existe, même si tu ne sais pas encore ce que tu veux faire, ça peut tout changer », souligne-t-il. Des enseignants ont cru en lui, parfois au‑delà des résultats scolaires, renforçant sa confiance et son désir de s’impliquer.
Un parcours bâti pas à pas
Contrairement à une trajectoire toute tracée, la carrière de Félix s’est construite progressivement. Après un détour par les sciences politiques à l’UQAM, un véritable déclic survient lorsqu’il s’inscrit en scénarisation. « C’est là que le monde s’est ouvert », explique‑t‑il. Avec son cousin, il fonde une maison de production et réalise près d’une centaine de vidéoclips.
Son talent est rapidement reconnu : il remporte neuf Félix, dont celui du vidéoclip de l’année pour On va s’aimer encore de Vincent Vallières (2011), et reçoit plusieurs nominations aux Gémeaux. Son travail l’amène à voyager aux quatre coins du monde — de la Thaïlande à l’Australie — et à collaborer avec de nombreux artistes et artisans.
L’enseignant derrière le réalisateur
Issu d’une famille profondément ancrée dans le milieu de l’éducation — ses parents, sa tante, sa belle‑sœur et son frère ayant tous œuvré ou œuvrant toujours au CSSMI — Félix n’a jamais vraiment quitté le milieu scolaire. Entre deux contrats de réalisation, il revient régulièrement enseigner dans les écoles du CSSMI, là où les besoins se font sentir. Histoire, géographie, français : il s’adapte aux contextes et aux élèves.
Pour lui, l’enseignement est un véritable équilibre. « Quand le téléphone arrête de sonner en réalisation, tu retournes enseigner. C’est gagnant‑gagnant. » Il aime transmettre la curiosité, encourager le mouvement, le travail d’équipe et la persévérance. Son objectif : être présent et surtout, donner aux jeunes l’élan nécessaire pour croire en leurs capacités.
Un message pour les jeunes
S’il devait résumer son message en quelques mots : Fais ta place, personne ne le fera pour toi. Oser, se tromper, se relever, rester curieux et apprendre à travailler avec les autres sont, selon lui, des ingrédients essentiels. « Si tu es réveillé, moindrement allumé, il y a toujours moyen de trouver quelque chose qui te ressemble. »
Aujourd’hui, Félix St‑Jacques continue de créer, d’enseigner et d’inspirer. Son parcours hors du commun, porté par des racines solides et un attachement indéfectible au CSSMI, en fait un modèle inspirant pour nos élèves — et pour toute notre communauté éducative.
